La victoire de François Hollande aux primaires socialistes

La victoire du radical-socialisme pragmatique sur le socialisme sectaire
La victoire du radical-socialisme pragmatique sur le socialisme sectaire

Les Français qui se sont prononcés aux primaires socialistes ont préféré le pragmatisme radical-socialiste corrézien au socialisme dogmatique énarchique. Autrement dit, le doute aux certitudes. Ils ont eu le sens des exigences de notre époque de crise: les "y a qu'à..." et les "faut qu'on..." ne sont plus de mise. Ils ne rassurent personne. Les coups de menton, les manifestations d'autorité verbale, l'excès de volontarisme affiché qui précède si souvent l'aveu de l'impuissance politique, n'auront pas faitt illusion. J'aime autant cela pour notre pays, dans l'hypothèse que je ne souhaite pas où la gauche gagnerait en 2012. François Hollande a gagné parce qu'il a su trouver le ton juste, c'est à dire celui d'une certaine modestie face à l'ampleur des défis à relever. Modestie qui ne doit pas signifier résignation, imprécision ou indécision, points que le candidat socialiste à intérêt à travailler s'il veut convaincre...

 

 

Les primaires socialistes auront dominé l’actualité politique pendant plusieurs semaines. Demain, elles seront oubliées et le débat gauche-gauche s’effacera de nouveau derrière le débat droite-gauche, comme c’est normal en démocratie. Ce débat s’incarnera au travers de deux candidats : Sarkozy et Hollande, autour desquels graviteront l’extrême droite, le centre et l’extrême gauche. 

Je ne suis pas contre les primaires. Les reponsables de la majorité qui les ont brocardées ont eu tort. Fillon a été, comme souvent, le plus peertinent dans son analyse. 

La primaire est en effet une technique de sélection après éliminatoires, comme on le pratique dans les grandes compétitions sportives. Ce système présente sur beaucoup d’autres l’avantage d’être pacifique et organisé. Il vaut mieux que les rivalités sournoises et les coups de poignard dans le dos.

Ce n’est pas pour autant un modèle indépassable : il faut des primaires pour départager des Hollande et des Aubry, mais on en n'a pas besoin quand on s’appelle Mitterrand ou Jospin ! C’est parce que, cette année comme en 2007, les socialistes n’avaient pas (ou plus) de candidat naturel que la technique des primaires s’est imposée à eux. Compte tenu de ce défaut radical de leadership, les socialistes n'avaient le choix qu’entre la doctrinaire Aubry, qui parle tout le temps mais n’écoute jamais, le rad-soc Hollande, tellement soucieux de compromis qu’il n’a pas encore trouvé sa route, l’intruse Ségolène Royal, dont on se demande toujours comment elle a pu se mettre en tête qu’elle avait le dimension présidentielle (et par quel mystère elle a pu en persuader les socialistes en 2007), ou encore le procureur révolutionnaire Montebourg, incorrigible donneurs de leçons qui voudrait faire croire qu’il suffit d’un trait de plume pour nous tirer d’affaire en « démondialisant ».

Pour la gauche, les primaires auront aussi eu le mérite de projeter sur la rampe de lancement un candidat dont l'énergie personnelle, l'expérience et le charisme ne suffisaient pas à eux seuls. Bien joué! 

Mais que les socialistes aient réussi à faire contre mauvaise fortune bon cœur après l’effacement de Dominique Strauss-Kahn est une chose. Qu’avec leurs primaires ils prétendent infliger à la terre entière des leçons de démocratie en est une autre ! La technique des primaires ne mérite pas cet excès d’honneur. Elle ne mérite pas non plus le procès en indignité que certains, aveuglés par l’esprit partisan, ont tenté d’instruire. Les primaires ne sont ni de droite ni de gauche : il faut en faire quand on en a besoin et ne pas en faire dans le cas contraire ! En 2017, si François Hollande est le candidat sortant, il fera comme Sarkozy cette année et partira dans la course sans avoir besoin de primaires que personne ne cherchera d’ailleurs à lui imposer. Et si la droite n’a pas de candidat dont la stature s’impose d’elle-même, elle aura au contraire intérêt à en faire.

 

Le plus inquiétant, comme toujours, c’est ce qui s’est passé sur le terrain des idées et des propositions, parce qu’il en restera des traces. Les primaires ont donné lieu au grand retour du mirage idéologique, en pleine crise mondiale. Ce fut le vide-greniers des utopies de gauche. Mais attention : la France n’est pas en état de payer la facture ! Même si Hollande a gagné, demain il devra compter avec le poids politique acquis par ses concurrents : Aubry à Matignon, Montebourg à la Justice, Royal à l’Economie et aux Finances, Mélenchon à l’Education nationale… ?

Je souhaite bon courage au candidat du PS, mais je m’inquiète pour la France.

 

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