Visite de la Centrale nucléaire de Flamanville et du chantier de l'EPR

Visite de travail à Flamanville
Visite de travail à Flamanville

Ma visite à Flamanville m'a permis de vérifier concrètement trois points essentiels et d'ailleurs bien connus :
- sur le plan économique, l'énergie nucléaire n'a strictement aucun concurrent: les autres formes d'énergie sont de deux à cinq fois plus coûteuses; on imagine ce que seraient les conséquences pour l'économie et l'emploi d'une réduction drastique de l'énergie nucléaire: le prix actuel de notre électricité est l'un des principaux avantages compétitifs de l'économie française;
- du point de vue de la sécurité, il est frappant de constater que les utilisations civiles de l'atome sont assorties de procédures qui garantissent une sûreté sans équivalent dans aucune autre branche, proportionnées aux risques et qui ne cessent d'être renforcées, notamment depuis le tsunami japonais.
- du point de vue environnemental, l'exploitation d'une centrale nucléaire est non polluante; elle se distingue radicalement de l'exploitation des centrales thermiques qui rejettent d'abondants gaz à effet de serre, et se rapproche donc des énergies renouvelables.

Le chantier de l'EPR témoigne de cette exigence accrue, sous le contrôle exigeant et heureusement tatillon de l'Autorité de Sûreté Nucléaire. Cela explique en partie les délais de ce grand chantier, dus aussi au fait qu'EDF s'était montrée beaucoup trop optimiste au départ pour la durée prévisionnelle des travaux, sans doute  dans le souci de montrer qu' elle pouvait tenir des délais comparables à ceux qu'Areva avait présomptueusement garantis aux Finlandais pour l'EPR qu'elle construit en Finlande... 
La mise en ordre de notre filière nucléaire pour renforcer notre présence sur un marché mondial en forte expansion  a d'ailleurs mis fin à cette concurrence néfaste entre nos deux champions nationaux que sont EDF et Areva. 

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Commentaires : 3
  • #1

    Benoît (mardi, 01 mai 2012 10:51)

    Bonjour Mr Bas,

    Y a t'il au sénat des groupes d'études sur ce que serait une économie avec des énergies plus chères mais plus intenses en terme d'emploi. Je m'explique, votre phrase "l'énergie nucléaire n'a strictement aucun concurrent: les autres formes d'énergie sont de deux à cinq fois plus coûteuses, on imagine ce que seraient les conséquences pour l'économie et l'emploi d'une réduction drastique de l'énergie nucléaire" m'interpelle.
    Les énergies renouvelables sont en effet plus cher, c'est indéniable et qui plus est, elles sont intermittentes donc incompatibles pour une diffusion sur le réseau qui par construction est stable. Elles sont cher, non pas pour leur coût en matériau, mais pour leur coût en travail humain. Si le nucléaire est 4 fois moins cher (il est plus cher que l'éolien terrestre au Texas au passage), c'est peut être aussi que 1MWh nucléaire nécessite 4 fois moins d'hommes pour le produire qu'1 MWh de solaire à concentration....
    Les conséquences pour l'économie seraient donc une destruction d'emplois dans les secteurs vivant d'une énergie peu cher (tourisme, industrie de transformation) mais des créations d'emplois vers les secteurs vivant d'une énergie plus chère (industrie de production d'énergie, batiment pour l'isolation...)
    Le bilan, que je n'ai pas la capacité de faire, a t'il déjà été réfléchi au sénat, à l'assemblée...

    Merci de votre réponse

  • #2

    Socrate (mercredi, 16 mai 2012 15:53)

    Pré-mâché intellectuel.
    Lobotomisation ou œillères ?

    Le CEA ne cache pas que les stocks mondiaux d'uranium exploitables nous limite l'horizon à 2035, au rythme des développement du parc.
    Au delà, la ressource sera inabordable financièrement (pb de concentration et d'enrichissement) et entrainera une inflation majeure du coût de production du MWh en base, puis pas longtemps après (10 ans) inutilisable puisqu'il faudra plus d’énergie pour produire un uranium exploitable que d'énergie produite par ce dernier.

    Le paradoxe est que plus cette échéance se rapproche et moins la mise en place des 4ème générations sera probante (il faut de l'uranium pour enclencher la réaction).

    D'ailleurs l'uranium n'est pas la seule ressource dans ce cas. On en compte 26 ! au premier rang desquelles le Zinc (on en trouve dans le dentifrice...), le Cuivre, etc.

    D'autre part, l'uranium est actuellement exploité par la France dans des pays comme le Niger... Ce dernier n'est plus, faut-il le rappeler, une colonie française... Mieux la France Afrique a fait long feu d'après M. Sarkosy (lol).
    Comment alors peut-on parler d'indépendance énergétique ???
    Pire, mais il doit l'ignorer (qu'il interroge M. Raffarin), la Chine est en train de luter pour nous dégager de toutes nos anciennes colonies...

    Enfin, et la cela tient de la mystification organisée :
    La France produit entre 75 et 80% de son électricité (et non énergie) via ses grosses chaudières à vapeur, nucléaires.
    Cette énergie est dite "en base". Savoir, que nous ne pouvons que très difficilement faire varier la production d'une centrale, au risque d'empoisonner le cœur...
    Cette électricité ne peut être écoulée en France en permanence.
    De plus nous manquons d'énergie de pointe, et notre capacité d'effacement est l'une des plus pourrie d'Europe.
    Aussi, durant les pics de consommation (pointe) nous importons de l'électricité de chez nos partenaires allemands (vous savez, ceux qu'on accuse de polluer au thermique...) à 180€ le MWh !! (Chiffres hivers 2011-2012) pour le revendre entre 120 et 130€ / MW aux particuliers... Dieu merci pour EDF, ce sont ses filiales publiques RTE et ErDF qui achètent et acheminent pour le compte d'EDF ; et donc le contribuable qui paye la différence. Ceci sans compter les pertes en ligne entre le point de production et le consommateur...
    La nuit, sur les creux de consommation, nous essayons d'utiliser le trop plein d'électricité produite vers les zones de stockage (pas de panique l'électricité ne se stocke pas) ; c'est à dire en alimentant les stations de pompage des grands barrages pour stocker de l'eau que l'on pourra ensuite turbiner.
    Le problème étant que nos moyens de stockage sont insuffisants (sinon nous n'aurions plus besoin d'importer - source balance commerciale), aussi nos amis allemands se font forts de s'effacer (diminution allemandes des énergies de pointes dites non fatales au profit de notre électricité) pour acheter à très vil prix !! C'est à dire à prix coûtant. Oui mais vous devez enlever les pertes en ligne achetées par ErDF et non revendues...

    Bref un système génial ! Les actionnaires EDF et tout le lobby énarque vous remercie bien.

    J'écris en sachant toutefois que les politiques s'en foutent, et qu'ils ont oublié de contrôler les commissions "indépendantes" ; que d'autres pensent pour eux à l'instar d'EDF qui ordonnait au ministre anglais (EDF produit en GB) de communiquer suivant son plan de com suite à la catastrophe de Fukushima...

    A vos certitudes indéboulonnables

    Socrate

  • #3

    Philippe Bas (dimanche, 17 juin 2012 12:41)

    Benoit,
    afin que je vous apporte une réponse plus précise et complète (qui ne peut être affichée sur ce blog), je vous invite à me contacter via le formulaire de contact sur site ou en m'écrivant à l'adresse p.bas@senat.fr.
    Vous remerciant

 

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