Inauguration de la RN 174: derrière l'autoroute, le projet ferroviaire de ligne nouvelle Paris Normandie en panne

L'inauguration du dernier tronçon à quatre voies de la RN 174 marque une étape très importante dans le désenclavement du Cotentin: de la Grande-Bretagne à l'Europe du Sud, en passant par Cherbourg, une liaison directe à quatre voies existe désormais sans autre rupture de charge que la traversée de la Manche. C'est un atout essentiel pour notre département, au moment où se met en place la filière des énergies renouvelables à Cherbourg.

En l'absence de fonds européens pour la réalisation de cette route, la présence du ministre des affaires européennes se justifiait surtout par ses attaches cherbourgeoises car s'il a déclaré ne plus vouloir briguer de nouveaux mandats locaux, il reste à l'évidence très attaché à la région. Le ministre délégué aux transports et à la mer, dont c'était la deuxième visite dans le Département en six mois, n'était pas là en raison de son rôle personnel mais parce que sa présence permettait de reconnaître l'apport essentiel de l'Etat, engagé par ses prédecesseurs Dominique Perben et Dominique Bussereau, derrière le conseil général de la Manche et devant la Région Basse Normandie...

Mais ce n'était pas principalement pour délivrer leur message sur le désenclavement routier que les deux membres du Gouvernement avaient fait le déplacement, mais pour reparler de la ligne nouvelle Paris-Normandie, qui devra raccorder Paris à Cherbourg en 2 heures 15 entre 2017 et 2025.  Au sein de la conférence des exécutifs bas-normands et du comité de pilotage du projet, Bernard Cazeneuve, Laurent Beauvais et Philippe Duron, aujourd'hui aux affaires, n'ont eu de cesse de réclamer la réalisation de ces grands travaux, avec tous les élus bas-normands, quand ils étaient dans l'opposition.

Ce faisant, il ne semble pas qu'à l'époque, ils aient été découragés par la crainte de manquer en quoi que ce soit à l'esprit de responsabilité et au réalisme. Mais voici qu'à l'épreuve du pouvoir et face aux difficultés financières, le Gouvernement demande aux élus de Basse-Normandie de serrer les rangs derrière lui au nom de l'union sacrée entre élus Bas-normands, en invoquant ce réalisme et cet esprit de responsabilitépour nous demander d'approuver une solution de repli que nul n'aurait sans doute acceptée du précédent Gouvernement tant la Basse-Normandie est pénalisée par l'état actuel de ses liaisons ferroviaires.

Pour ma part, je suis naturellement ouvert à la discussion sur les modalités de la réalisation de la ligne nouvelle et sur son calendrier, mais j'attends de tous ceux qui ont demandé à l'Etat de prendre des engagements fermes et définitifs sur ce projet, avant la décision annoncée en 2009 par le Président Sarkozy, qu'ils donnent maintenant l'exemple en assumant pleinement leurs responsabilités. En particulier, ils devraient s'abstenir d'accuser leurs prédecesseurs d'avoir fait preuve d'une démagogie qu'ils se sont bien gardés de dénoncer à l'époque, considérant au contraire comme le Président Sarkozy et son gouvernement  que la ligne nouvelle devait être une grande priorité nationale. 

Il semble que ce ne soit plus le cas depuis l'élection de M.Hollande. J'en prends acte car la crise est là, et je ne me livrerai pas à des surenchères pour imposer ce que la gauche réclamait hier à cor et à cri en estimant comme nous qu'il s'agissait  d'un impératif majeur. Point n'est besoin d'accuser le précédent gouvernement d'avoir trop promis pour justifier de ne pas tenir les engagements pris dans un consensus général par l'Etat: la ficelle est un peu grosse et elle n'a déjà que trop servi !

 

 

CONTACT




Accédez au site : MaVieDansLaManche

 

La lettre du sénateur - novembre 2016

"Une Manche fraternelle, attractive, dynamique à l'écoute de ses habitants"

Le magazine du conseil départemental de la Manche

 Manche des territoires, la revue destinée aux élus

Les P'tites News : le magazine des collégiens

Lien vers le site internet www.nossenateurs.fr
Lien vers le site internet www.nossenateurs.fr

Livre "Avec Chirac"