Démocratie : la perte de confiance de la parole politique dépasse l’affaire Cahuzac

Dans toutes les professions, il y a des brebis galeuses. Cela ne signifie pas que chaque profession est pourrie, mais qu’une morale professionnelle, avec des règles et des sanctions, doit être imposée.

C’est encore plus vrai pour la politique car c’est l’activité qui, entre toutes, exige non seulement probité -cela va de soi- mais aussi désintéressement. Un élu n’est pas un professionnel salarié –c’est un Français qui perd son revenu professionnel pour se mettre au service des autres et qui est, de ce fait, indemnisé par la collectivité. Certains gagnaient plus avant d’être élus, d’autres gagnaient moins : l’indemnité est forfaitaire (elle ne dépend pas de ce que l’on faisait avant). Les élus sont des Français dont les revenus sont publics. Ils doivent déclarer leur patrimoine en début et en fin de mandat. Aucune autre activité n’est soumise à de telles exigences –et c’est bien normal !

Je ne m’opposerai pas à ce que les règles soient encore renforcées car j’ai conscience que la confiance des Français est à ce prix. Mais, pour moi, cela ne suffira pas à rétablir la confiance dans la parole politique. Celle-ci est surtout ébranlée par deux choses, liées entre elles : les engagements non tenus, le sentiment de l’impuissance publique.

La situation actuelle en offre malheureusement de nouveaux exemples, même si la gauche, de ce point de vue, n’est pas la seule à avoir répandu les illusions qu’elle s’est ensuite révélée incapable de satisfaire...

 

-Renégociation du Traité budgétaire européen ? Il a été ratifié sans en changer une virgule !

-La Finance, voilà l’ennemi ? Une loi bancaire qui se contente de mesurettes.

-Protection contre les licenciements économiques ? La réponse est donnée en ce moment  même par une loi qui va renforcer la flexibilité.

-Recul du chômage ? Une augmentation de 200 000 demandeurs d’emplois en huit mois.

-Diminution du déficit budgétaire en dessous de 3% du PIB ? On se rapprochera de 4% en 2013.

-Hausse du pouvoir d’achat ? 2012 est la première année de baisse du pouvoir d’achat depuis 20 ans, et ce n’est pas fini : désindexation des retraites, diminution des allocations familiales, augmentation de la TVA en janvier 2014, réflexion sur une éventuelle dégressivité des indemnités de chômage.

Les décisions  du Gouvernement ne sont pas toutes mauvaises, loin de là. Mais elles vont exactement en sens contraire des engagements pris par François Hollande. C’est cela, plus que la seule affaire Cahuzac, aussi grave soit-elle, qui décrédibilise le plus la parole politique. Et c’est ici que l’exigence de vérité doit porter en priorité !

 

 

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