Livre Blanc de la Défense Nationale : vive inquiétude pour nos armées

Défilé du 14 juillet à Paris
Défilé du 14 juillet à Paris

Le Livre Blanc du Gouvernement signe le renoncement de la France à soutenir son effort de défense pour demeurer une puissance militaire capable de défendre ses intérêts et d’affirmer son ambition partout dans le monde. Les effets ne s’en feront pas sentir immédiatement, mais si nous conserverons à terme un modèle d’armée comportant une puissance militaire complète, avec une force nucléaire totalement sanctuarisée et un éventail de capacités très large, la réduction des budgets, la diminution et l’étalement des investissements et des commandes militaires, la baisse des effectifs font douter de notre capacité militaire à soutenir notre rang de membre permanent du Conseil de sécurité des Nations Unies qui nous permet de participer à la sécurité collective sur tous les continents.

 

Un très fort risque de démoralisation de nos soldats existe, car entre 2009 et 2019 l’armée française aura perdu un tiers de ses effectifs, ce qui est dévastateur.

Certains pensent peut-être que depuis la chute du Mur de Berlin, notre indépendance, notre sécurité et notre capacité à défendre nos intérêts partout dans le monde sont assurées du fait de la diminution des menaces. Loin s’en faut ! Il suffit d’observer la montée des nouveaux risques dans le monde pour se convaincre de la nécessité absolue de maintenir un outil de défense performant. Qui ne voit, avec le 11 Septembre et le terrorisme islamiste, les révolutions arabes, la guerre civile en Syrie, les tensions israélo-palestiniennes, la prolifération nucléaire (Iran, Corée du Nord, Arabie Séoudite…), les grands mouvements migratoires causés par la misère et l’instabilité, le monde est en passe de devenir une poudrière tandis que les Nations Unies, pas plus qu’aucune grande puissance, ne sont plus en situation de pouvoir, ni même de vouloir, assumer la mission de garantir l’ordre international pour y faire progresser la justice et la solidarité ?

Depuis Obama, les Etats-Unis, dont les intérêts stratégiques sont en train de changer radicalement avec l’exploitation à marche forcée des hydrocarbures et des gaz de schiste sur leur propre territoire, ont déplacé leur centre de gravité et leur priorité stratégique de l’Atlantique et du Proche et Moyen Orient vers l’Asie et le Pacifique. Ils n’assument plus leur « leadership » dans les zones qui restent stratégiquement les plus importantes pour nous, comme l’a montrée la récente affaire du Mali. C’est le « leadership from behind », qui nous laisse nous exposer en première ligne.

 

Face à cette situation, l’Europe refuse de s’affirmer sur le plan militaire parce qu’elle est encalminée dans ses difficultés économiques et financières et croit encore à un bouclier américain pourtant de plus en plus souple, voire poreux. Seules la Grande Bretagne et, à un moindre degré, la France, ont jusqu’à présent assumé un effort militaire permettant de soutenir une ambition politique et diplomatique mondiales pour elles-mêmes et pour l’Europe. Mais nos voisins ne feront aucun effort supplémentaire pour assumer leur part de la défense européenne. Pourtant, si nous voulons devenir une grande puissance parlant d’égale à égale avec les Etats-Unis, la Chine ou l’Inde, il faudra bien que les 500 millions d’Européens se décident à se doter d’une ambition mondiale fondée sur la triple puissance économique, diplomatique et militaire.  

 

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