Sainteny: commentaire sur le départ inopiné du médecin

La Maison médicale de Sainteny: l'une des plus accueillantes de la région
La Maison médicale de Sainteny: l'une des plus accueillantes de la région

Embauchée à la Mutualité Sociale Agricole avec prise de fonction le 3 septembre, le Docteur Pascale Lacelle a soudainement mis la clé sous la porte de son cabinet de médecin généraliste de Sainteny, près de Carentan, sans préavis, alors qu'elle recevait encore en consultation la semaine précédente. Il n'est pas douteux qu'elle s'est mise en tort en ne prévenant ni le maire ni les patients pour leur permettre d'organiser la suite en temps utile, notamment tous les malades suivis au long cours, aujourd'hui en plein désarroi. Une telle maladresse étonne pour quelqu'un dont l'excellente réputation de médecin est confirmée de toutes parts et qui était par ailleurs médecin-capitaine des pompiers, engagement volontaire auqel on ne peut que rendre hommage. C'est donc incompréhensible qu'elle ait agi ainsi, et c'est le signe d'un profond malaise de sa part.

Mais n'incriminons pas les personnes au-delà de leurs propres erreurs ou de leurs propres fautes: la question que pose cet événement déconcertant est celle de la pratique médicale en milieu rural: la région de carentan n'est pas la plus défavorisée du point de vue de la présence médicale, la maison médicale de Sainteny est tout à fait adaptée à l'exercice de la médecine générale dans d'excellentes conditions, avec des spécialistes non loin, et pourtant ce qu'a dit à Ouest France ce médecin mère de trois enfants pour  tenter d'expliquer sa décision ( à défaut de pouvoir justifier sa façon de la mettre en oeuvre...), c'est qu'elle sort de « trois ans sans congés, à un rythme insoutenable» et qu'elle était « épuisée » , ajoutant que "la lourdeur administrative, les journées qui n’en finissent pas, la difficulté à trouver un professionnel de santé pour la rejoindre dans la maison médicale où l’un des cabinets restait inoccupé" ont pesé dans la balance.

Voilà bien la difficulté à laquelle nous sommes confrontés: les nouveaux médecins d'aujourd'hui, à 75% des femmes, ne peuvent assumer la disponibilité totale traditionnellement exigée du médecin de campagne. Si nous voulons les faire venir et les garder, il va falloir accepter des évolutions profondes de leur mode d'exercice, un travail médical en commun avec des confrères et consoeurs pour mieux se répartir la tâche, une permanence des soins mieux organisée pour libérer les nuits et les week-ends tout en faisant face aux urgences, la création de "pôles de santé libéraux ambulatoires", le plus souvent hélas dans les chefs-lieux de nos territoires et peut-être la mise en place d'un statut plus favorable à l'exercice de la médecine rurale, avec des garanties comparables à la médecine hospitalière et une charge administrative allégée. Ce n'est pas le revenu qui est insuffisant, ce sont les condiitons de vie, et aussi parfois la possibilité de trouver du travail au conjoint. En tout cas, ce type d'événement doit nous amener à réfléchir à de nouvelles initiatives.

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