Pour une France ouverte sur le monde

De plus en plus, le monde est un, autant sur le plan économique que sur le plan politique.

Sur le plan économique, la formation d’un système global où l'information et les capitaux circulent à la vitesse électronique, beaucoup plus rapidement que les hommes et les marchandises, est d'abord une chance pour l'humanité, et surtout pour l'Europe, dont l'ouverture sur les échanges internationaux a fait la force depuis près de six siècles. Que seraient les salariés et les sous-traitants de nos grandes entreprises automobiles, aéronautiques, de travaux publics, du luxe, énergétiques, agro-alimentaires, touristiques, environnementales... sans l'ouverture de la France sur l'Europe et sur le monde? Le déficit presque endémique de notre commerce extérieur ne doit pas nous faire oublier que l'on évalue à près d'un tiers le nombre d'actifs français qui travaillent directement ou indirectement pour l'exportation.

 

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La croissance des pays émergents (Chine, Brésil,  Russie, Inde, Turquie), mais aussi celle de l'Afrique (voyez par exemple le Mozambique, longtemps dans le peloton de queue de l'économie mondiale, et qui affiche aujourd'hui un taux de croissance insolent de plus de 8%), tirent en effet les économies européennes, aujourd'hui à la traîne, en leur offrant de formidables débouchés. A nous de savoir exploiter ce potentiel phénoménal, comme le font déjà les Allemands, qui mettent en oeuvre depuis dix ans une politique de compétitivité passant par la maîtrise des charges sociales et des impôts des entreprises et celle des coûts salariaux, mais aussi par l'innovation et la qualité des produits. Au-delà des politiques économiques nationales, l'Europe doit faire bloc dans la compétition internationale. Son avenir n’est pas dans la compétition intérieure entre pays-membres par l'exploitation et le renforcement de leurs différences de systèmes fiscaux et sociaux: Un nouvel égoïsme européen paiera davantage dans le monde de demain que la somme de nos égoïsmes nationaux concurrents. Harmonisons donc le plus rapidement possible nos systèmes économiques et sociaux pour donner toute sa puissance économique et commerciale à l'euro, qui ne peut tenir toutes ses promesses de prospérité économique sans une unité plus profonde de nos politiques et de nos législations sur les plans budgétaire, économique et social. Alors, nos pays pourront tirer le meilleur parti de la mondialisation et faire la course en tête dans l'économie mondiale, tirant tout le bénéfice possible de leur avance technologique et "organisationnelle".

De manière presque indissociable, en même temps que ces avantages de prospérité, qui seraient pratiquement à portée de mains si une volonté politique franco-allemande se mettait à l’oeuvre, il y a cependant aussi sur le plan politique, des phénomènes contraires, apparemment irrésistibles sur le court terme, difficiles à absorber pour les peuples d'Europe, et qui prennent un caractère de plus en plus massif.

Les guerres, les conflits politiques et religieux, les crises économiques et les famines peuvent moins que jamais rester cantonnées aux territoires où ils sont nés. L'immigration clandestine au risque de perdre sa vie ou celle de ses  proches, est plus que jamais alimentée par des ressorts aussi vitaux que la volonté de trouver un revenu de subsistance, la recherche de la sécurité face à la guerre civile, aux attentats ou à la répression d'Etat, ou plus simplement l'appel de la liberté.

Nos sociétés européennes fragilisées par un marasme économique durable, aux prises avec d'importantes tensions sociales, où la confiance placée dans l'Etat pour assurer sécurité, solidarité et prospérité s'érode gravement, sont aujourd'hui au pied du mur face au reste du monde.

Aucun Etat démocratique, quel que soit le consensus social dont bénéficie l'application d'une politique d'autorité et de fermété à ses frontières, ne peut ignorer ces réalités ni espérer les tenir à lui seul en échec. Il n'y a pas de lutte efficace contre l'immigration clandestine sans une coopération internationale renforcée entre pays d'accueil et avec les pays d'origine des migrants, quand ces pays bénéficient d'un régime stable.  Fermeté et coopération sont les seules chances d’une politique de migrations efficace.

Encore faut-il que nous-mêmes ne perdions pas la raison. Beaucoup de nos concitoyens, en grand désarroi, ont le sentiment que notre société est en voie d'islamisation rampante, que les Français sont contraints de payer des avantages sociaux exorbitants aux étrangers vivant irrégulièrement sur notre sol, que tout étranger venu d'un pays autre que ceux d'Europe ou d'Amérique du Nord a potentiellement partie liée avec le terrorisme international, que le chômage est en grande partie causé à la fois par les délocalisations et par la concurrence des étrangers sur le marché national de l'emploi. On peut démontrer le contraire chiffres à l'appui, mais cela reste sans effet sur ces croyances presque naïves, complaisamment entretenues par des forces politiques irresponsables, et qui s'enracinent dans l'esprit de nombreux compatriotes.

Dans le même temps, et parfois chez les mêmes, l'indignation monte devant l'insoutenable. Les noyés de Lampedusa nous mettent au pied du mur: comment ignorer que face aux malheurs du monde, notre refus de voir conduit à des tragédies humaines que notre conscience ne peut tolérer? Oui, nous devons être fermes face à une immigration clandestine que nos sociétés ne peuvent absorber sans raviver des tensions sociales déjà aiguës. Mais cette fermeté ne saurait aller jusquà accepter la noyade d'enfants, de femmes et d'hommes que nous voulons seulement empêcher de résider sur notre sol en violation de nos lois. Il faut ajouter qu'une partie croissante de ces migrants se verraient aisément reconnaître la qualité de réfugiés politiques s'ils avaient la possibilité d'en faire la demande. Ancien Vice-Président de la Commisison européenne chargé de la Justice et des Droits, Jacques Barrot a réclamé l'organisation d'un accueil des demandeurs d'asile politique dans les pays voisins de ceux où se développent d'inqualifiables persécutions. Qu'attend-t-on pour le mettre en place?

 

Quant aux événements de l'actualité qui défraient la chronique, je veux parler de la récente expulsion d'une famille vers le Kosovo, laissons donc le ministre de l'intérieur et ses préfets faire leur travail d'application des lois sans exiger d'eux une autocensure qui ne pourrait se résoudre que par l'affaiblissement de notre législation et un nouvel appel à l'immigration clandestine dont les conséquences seraient désatreuses!

 

 

 

 

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