Discours de politique générale de Manuel Valls du 09 avril 2014 : première déception.

Manuel Valls prononce le discours de politique générale de son Gouvernement
Manuel Valls prononce le discours de politique générale de son Gouvernement

Personne ne peut en douter après le discours de politique générale du 9 avril : Manuel Valls, c’est la poursuite de la politique de Jean-Marc Ayrault sous d’autres formes. L’un et l’autre ont été équipés du même logiciel par François Hollande. Il est vain de gesticuler pour faire croire que le Peuple français a été entendu si c’est pour continuer ainsi sur la route sinueuse qu’emprunte le Président de la République depuis deux ans.

 

Le pacte de responsabilité sera équilibré par un « pacte de solidarité » ? Bravo pour l’avancée sémantique ! Mais l’art de la synthèse se heurte un jour aux réalités. 30 milliards pour les entreprises ; 5 milliards pour les salariés les moins qualifiés. La gauche aura beau jeu de dire que le compte n’y est pas ! Au contraire, la droite peut se féliciter de sa victoire idéologique puisque sa politique de compétitivité est désormais revendiquée par ceux qui la contestaient radicalement il y a moins de deux ans. Mais avec quelle crédibilité et quelle puissance de choc le Gouvernement peut-il agir alors qu’il semble s’épuiser à rechercher les 50 milliards d’économies nécessaires pour réduire les déficits tout en diminuant les prélèvements ?

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La sémantique de la responsabilité et de la solidarité ne fait qu’aggraver l’impression donnée par François Hollande d’être incapable de choisir clairement entre deux lignes économiques financièrement et économiquement incompatibles: la politique de l’offre et celle de la demande. Aucun pays (et encore moins la France) n’a actuellement les moyens de s’offrir les deux à compte d’Etat.

 

En changeant de Premier ministre sans sortir vraiment de sa politique d’indétermination, François Hollande manque sa cible et prend une sérieuse option pour un nouveau changement de Gouvernement avant la fin de son quinquennat, après une nouvelle descente aux enfers de l’exécutif dans l’opinion. Quant aux annonces du Premier ministre sur le mille-feuilles territorial, elles ne trompent personne. La suppression des départements était vivement rejetée par le Président de la République lui-même il y a moins de trois mois. L’échéancier retenu pour réformer les territoires (2017, 2018, 2021) donne le sentiment d’engagements dénués de toute portée.

 

Le mécontentement des Français, leur impatience et leur colère n’ont pas été provoqués par l’insuffisance d’autorité de Jean-Marc Ayrault, ni par son manque d’impact médiatique, ni par l’incompétence de ses ministres ou le mauvais fonctionnement du Gouvernement mais par la situation économique et sociale du pays et par les mauvaises réponses qui lui sont apportées. Le sentiment s’est très vite répandu que la politique économique de la France était pire qu’inefficace : contreproductive. L’absence de cohérence des choix inspirés par l’Elysée, manifestement plus soucieux de préserver les équilibres politiques que de rétablir les équilibres économiques, a frappé les esprits. Dans ce contexte, malgré les postures napoléoniennes du nouveau Premier ministre, dont on ne contestera d’ailleurs pas les qualités de communicant, le changement de Gouvernement, puisqu’il n’exprime pas un changement de cap, relève d’un coup médiatique qui restera sans lendemain, tandis que la France prend du retard et inquiète l’Europe du fait du glissement continu du calendrier du redressement.

 

Le vote des Français aux municipales demeure donc à ce jour sans réponse. Non seulement la majorité n’a pas gagné en cohésion mais elle apparaît plus divisée que jamais. La recherche d’un savant équilibre politique dans la composition du Gouvernement a eu pour effet de marier les contraires au lieu d’exprimer une vision cohérente et homogène. Dès lors, la France ne peut savoir ni ou elle va ni qui la conduit vraiment.

 

Si le Président continue sur cette voie, seul restera de son mandat et de ses Premiers ministres le souvenir d’années de chômage, de crise et de déficits publics qui auront conduit la France a être placée pour la première fois sous la surveillance de l’Union européenne. Le Président doit choisir. Il est certes l’homme des tournants conceptuels, avec son pacte de responsabilité. Mais il n’a toujours pas osé renverser frontalement les choix économiques de la gauche. Le pacte de responsabilité est dilué dans le temps et les contreparties exigées par la majorité parlementaire risquent fort d’en neutraliser les effets. Le verbe ne peut éternellement remplacer l’action : il doit le plus tôt possible se faire chair, et la chair prendre de la consistance. Le « parler vrai » rocardo-vallsien ne peut remplacer l’« agir fort » dont notre pays a besoin.

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