Conférence au Sénat sur la situation économique de la France: va-t-on s'en sortir?

L'économiste Jean-Paul Betbeze faisait mardi dernier une conférence-débat au Sénat sur la situation de l'économie française.

J'en retiens pour les douze mois qui viennent un risque majeur d'augmentation très forte du taux  des intérêts dûs à nos prêteurs (la Chine pour un tiers de notre dette). Les conséquences peuvent être dramatiques, car nous empruntons aujourd'hui à un taux qualifié de "miraculeux", prêter à la France semblant plus sûr que prêter aux Etats-Unis, à l'Espagne ou à l'Italie. Mais l'Amérique va nous faire une concurrence accrue auprès des prêteurs. Elle va en effet devoir augmenter ses taux pour attirer les capitaux nécessaires au financement du déficit de  son commerce extérieur, tandis que les efforts de redressement de l'Espagne et de l'Italie pourraient rendre plus avantageux de prêter à ces pays qu'à la France. Si ce risque se réalise, nous paierons beaucoup plus cher le financement de notre dette, qui est déjà le premier poste de dépense du budget de l'Etat. Alors, fini l'espoir d'une réduction rapide de notre déficit budgétaire et de nos impôts, fini l'espoir de sortir du marasme économique en refoulant les prélèvements obligatoires qui pèsent sur les entreprises et en rétablissant leur rentabilité pour pouvoir mieux profiter des marchés à forte croissance !

Face à ce risque, la politique économique du Gouvernement est inappropriée et certainement pas à la mesure de l'effort national que nous devons produire.

Notre déficit commercial est à la racine de nos difficultés. Il vient de la faible profitabilité de nos entreprises, qui pratiquent de ce fait des prix élevés. Ce déficit commercial entraîne de faibles rentrées fiscales malgré des taux d'imposition élevés, qui aggravent notre déficit budgétaire et contraignent le Gouvernement à ne pas diminuer suffisamment la pression fiscale pesant sur les entreprises.

Face à cela, la politique du Gouvernement relève de la recette des plats "sucrés-salés": chaque effort de réduction des charges est aussitôt compensé par des gestes politiques qui en atténuent la portée en aggravant les déficits. De ce fait, la France ne parvient pas à acquérir la crédibilité qui rassurerait les financeurs de sa dette. Le manque d'ampleur des réformes est ainsi un obstacle au rétablissement de la croissance.

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