Billet d'humeur après les psychodrames politiques des derniers jours

Le rejet de la politique du Chef de l’Etat est profond. La déception fait place à la colère, une colère sourde. 80% des Français ne font plus confiance au gouvernement pour redresser la situation. A cela, des raisons de fond : d’abord le marasme économique, le chômage, l’aggravation des prélèvements, l’échec de la maîtrise des dépenses publiques. Au-delà, les promesses non tenues du Président de la République, ses prévisions béates constamment démenties par les faits, les propos lénifiants qu’il n’a cessé de tenir, sa pratique du compromis permanent entre des objectifs contradictoires, la priorité qu’il a trop longtemps donnée à une synthèse impossible entre les courants du PS, les Verts, les communistes et les radicaux de gauche,... tout cela a créé le sentiment que les intérêts à court terme de la gauche passaient avant les intérêts de la France.

Chacun voit bien aujourd’hui que la politique conduite depuis deux ans a aggravé les difficultés du pays au lieu de les résoudre. Les retards se sont accumulés, pour les réformes comme pour les ajustements nécessaires de nos finances publiques.

On ne pouvait en même temps réduire les déficits, augmenter les impôts, soutenir la consommation et alléger les charges des entreprises. Les choix fondamentaux n’ont pas été faits à temps. Les pertes de chances pour la France et les Français sont irrattrapables. Et ce sont en premier lieu les Français les plus vulnérables qui en paient, ici et maintenant, les conséquences, par l’augmentation ininterrompue du chômage et la baisse du pouvoir d’achat.

Face à ces contradictions, une première clarification a eu lieu dès la formation du premier gouvernement Valls ; elle n’était pas suffisante. Avec l’éviction d’Arnaud Montebourg du Gouvernement, la question de la ligne politique est tranchée de manière radicale. Ce beau parleur ne doit pas faire illusion : il n’est qu’un démagogue, apôtre d’une politique de facilité : comme nous serions heureux de vivre dans un monde où il suffirait de distribuer du revenu à compte d’Etat, c'est-à-dire en faisant des déficits et donc en empruntant, pour que la croissance reparte ! Comment croire à la magie de la consommation vertueuse qui rendrait plus heureux les Français tout en dopant la croissance ? Qui peut encore ignorer de nos jours :

1°) que la hausse de la consommation profiterait d’abord aux importations et aggraverait le déficit extérieur sans donner le coup de fouet escompté au carnet de commandes de nos entreprises ;

2°) que  le relâchement des disciplines budgétaires augmenterait le besoin de financement de l’Etat et réduirait la capacité de financement des entreprises tout en faisant peser un risque accru sur les taux d’intérêts (actuellement faibles) imposés par ses bailleurs au Trésor français ?

Acculé à la clarification idéologique, le Président de la République n’a guère de mérite à l’assumer: après avoir pris des chemins sinueux. Il fait contre mauvaise fortune bon cœur, ce qui n’est pas glorieux. C’est le produit de la contrainte : il n’a plus d’autre choix en raison de la gravité d’une situation que sa politique n’a pas peu contribué à aggraver.

Ce faisant, comme le disent ses détracteurs à gauche et aussi les démagogues du Front National, il capitule idéologiquement et rend les armes devant la droite et le centre.

Je préfère le discours imposé par Valls au discours Hollande-Ayrault dont le constat d’échec est définitivement établi. Nous sommes presque étourdis d’entendre la déclaration d’amour du Premier ministre aux patrons réunis par le Médef pour sa rentrée d’été. Le nouveau cap économique n’est plus seulement accepté du bout des lèvres, à reculons; il est assumé et revendiqué. Ce discours me convient parce que l’entreprise est notre seule chance pour redresser notre économie en libérant les énergies de nos PME et en stimulant l’exportation pour accrocher notre wagon au train de la croissance mondiale tirée par les pays émergents.

Compétitivité n’est plus un gros mot et c’est déjà un grand progrès, même si nous le payons cher. Mais il faut que les actes suivent, qu’ils soient par leur radicalité en rupture franche par rapport à la pratique antérieure. Il n’y a plus de place pour des mesures cosmétiques à entrée en vigueur progressive. Le choc de compétitivité doit avoir lieu ! Ce n’est pas encore le cas...

 

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