"Barrages du Sud Manche : l’humeur change de camp après les déclarations de Ségolène Royal", Gazette des communes

En se prononçant le 4 décembre pour l’étude de solutions alternatives à l’effacement des barrages de Vezins et La-Roche-qui-Boit (Manche), la ministre de l’écologie Ségolène Royal a calmé la grogne parmi les opposants au projet, mais la réveille parmi ses “amis”.


L’annonce de la ministre de l’Ecologie, lors de sa visite en baie du Mont-Saint-Michel le 4 décembre, est loin de ravir les élus qui depuis plus de quinze ans travaillent sur ce projet d’arasement des barrages hydroélectriques inscrit au SAGE Sélune (Schéma d’aménagement et de gestion des eaux), lui-même inscrit dans l’inter-SAGE de la baie du Mont-Saint-Michel.

« Madame Ségolène Royal semble savoir dire oui à tout le monde, réagit Michel Thoury (UMP), président de l’inter-SAGE. Si l’on tient à comparer au projet de Sivens, c’est du même métal pour ce qui est du courage politique effectivement. Au-delà, nous sommes dans un cas totalement différent. »


De nombreuses expertises

« La ministre a demandé quatre nouvelles études, continue l’élu du Sud Manche, sauf que depuis quatorze ans de nombreuses expertises ont été faites par le SAGE, l’Agence de l’eau Seine-Normandie et l’Etat, l’Etat qui a décidé l’arasement. »

« En dix ans, estime pour sa part le vice-président du conseil général de la Manche et sénateur Philippe Bas (UMP), sur le plan technologique, il y a eu beaucoup d’évolutions. D’autres voies sont possibles et je souligne la nécessité d’études indépendantes, contradictoires et non univoques. »

Le parlementaire s’est lui prononcé contre l’arasement des deux ouvrages. Il était avec Ségolène Royal le 4 décembre : « Elle a mentionné qu’il serait paradoxal d’arrêter des barrages qui fonctionnent alors qu’on a tant de mal à en créer de nouveau. Elle a surtout compris les arguments des opposants : au moment où elle présente sa loi sur la transition énergétique, il est également paradoxal d’arrêter une production hydroélectrique existante, même modeste. »

« Un grave contre-sens »

Les barrages de Vezins et La-Roche-qui-Boît représentent une production hydroélectrique annuelle de 27 gigawatts heure, soit 0,04 % de la production nationale [1]. « Un potentiel dérisoire », selon le collectif Les Amis de la Sélune, composés d’associations de protection de l’environnement mais aussi de l’union régionale des pêcheurs de Bretagne et Basse-Normandie.

Dans leur contre-argumentation, ils avancent aussi : « Brandir le coût du démantèlement des barrages et de renaturation de la vallée (53 millions d’euros) comme un épouvantail financier est un grave contresens. Madame Royal devrait considérer que ce projet est avant tout un investissement pour l’avenir. »

« Faut-il rappeler que la destruction de ces barrages a été décidé parce qu’il a été confirmé qu’ils nuisent à la circulation des poissons, reprend Michel Thoury, que la stagnation d’eau a favorisé le développement de cyanobactéries qui libèrent des toxines. Et de surcroît, la fédération nationale de pêche, qui a déjà gagné devant le tribunal administratif et en appel contre l’Etat et EDF, le concessionnaire, va maintenant porter l’affaire devant le conseil de l’Europe ! »

« On nous demande de remettre en état la qualité de l’eau pour 2015, termine-t-il. Maintenant, en bons et loyaux républicains, si l’Etat en décide autrement, nous nous exécuterons. Mais vous savez, chez nous il y a un dicton : « Il y a les disous et il y a les faisous ». »

Dans un projet validé en 2005, la commission locale de l’eau avait fait le choix de la préservation de l’eau et des milieux aquatiques en vallée de la Sélune. En 2009, dans la continuité du Grenelle de l’Environnement, la ministre de l’écologie Chantal Jouanno annonçait les opérations d’effacement des deux barrages  en souhaitant une opération visant l’excellence environnementale.

Le projet enfin s’inscrit dans une ambition à l’échelle de toute la baie du Mont-Saint-Michel, classée au patrimoine mondiale de l’UNESCO, pour laquelle d’ailleurs de nouveaux périmètres de protection sont envisagés. Ségolène Royal s’est exprimé à ce propos également, invitant les élus opposés à cette perspective d’être force de proposition.

 

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